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toutRabat La capitale, porte par porte

Salé, l'autre rive

Une république corsaire, une médersa de 1333, et le tramway pour y aller

Depuis Rabat
Tramway, 7 MAD
Durée
2 h 30
Entrée
Libre
À voir
Médersa mérinide
Salé vue depuis la plateforme du sémaphore des Oudayas

Salé, l'autre rive — Photo Jorge Láscar from Australia · CC BY 2.0

Pourquoi traverser

Rabat regarde Salé depuis huit siècles, et les visiteurs l’ignorent presque toujours. C’est une erreur : Salé est plus ancienne, plus grande et plus populaire que sa voisine. Là où Rabat est une capitale administrative un peu sage, Salé est une ville de commerce et de pêche qui n’a jamais cessé de l’être.

Fondée par les Berbères au XIe siècle, elle prend son essor sous les Mérinides au XIIIe. Elle est depuis le Moyen Âge un grand port marchand — et vers 1630, elle forme avec la kasbah des Oudayas la fameuse république du Bouregreg, un État semi-indépendant vivant de la course, c’est-à-dire de la piraterie d’État. Les « Salé Rovers » ont terrorisé les côtes européennes jusqu’en Islande.

Ce qu’il faut voir

  1. La médersa mérinide, fondée en 1333 par Abou al-Hassan. C’est la pièce maîtresse : zellige, plâtre sculpté et cèdre ciselé sur trois niveaux, autour d’une cour minuscule. Montez sur la terrasse — la vue sur la médina et l’estuaire est l’une des plus belles de la région.
  2. La Grande Mosquée, du XIIe siècle, l’une des plus anciennes du Maroc. L’intérieur n’est pas accessible aux non-musulmans, mais l’extérieur et le quartier qui l’entoure valent la marche.
  3. Les remparts et les portes monumentales de la vieille ville, remarquablement conservés — notamment Bab Mrisa, une porte fluviale assez haute pour laisser passer un navire, unique au Maroc.
  4. Le souk, sans aucune concession au tourisme. On y vend des nattes, des tapis, de la poterie et du poisson, à des Slaouis. C’est l’exact contraire de la médina de Marrakech.
  5. Le cimetière marin et le mausolée de Sidi Abdellah Ben Hassoun, patron des marins de Salé.

Comment y aller

Le tramway, sans hésiter. Les deux lignes traversent le Bouregreg et le trajet coûte 7 MAD. La vue sur la kasbah des Oudayas depuis le pont est, à elle seule, le meilleur rapport qualité-prix de tout Rabat.

Comptez deux heures et demie sur place pour la médersa, la médina et le souk.

Ce qu’il faut savoir

Salé est nettement plus conservatrice que Rabat. Une tenue couvrante est appréciée, et l’atmosphère y est plus populaire — ce n’est pas un lieu touristique, c’est une ville qui vit.

Aux activités portuaires s’ajoutent l’artisanat — tapis et céramique — et les industries alimentaires, conserveries de poisson et minoteries. Le tapis de Salé est proche de celui de Rabat, souvent un peu moins cher.

Salé, l'autre rive dans le fonds — 1875–1940 Voir la galerie →