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L'artisanat de Rabat

Aller chercher l'artisan dans son échoppe plutôt que dans la vitrine

L'artisanat de Rabat
Fonds photographique de Rabat — voir la galerie

Une ville d’ateliers

L’agglomération Rabat-Salé compte un très grand nombre d’artisans, et plus de six mille métiers à tisser en activité. C’est peu visible depuis les grandes avenues, et pourtant c’est là une des activités les plus denses de la ville.

Les corporations médiévales, qui organisaient la formation et les débouchés, ont disparu au fil du XXe siècle. Le Protectorat crée des centres d’étude et les premières coopératives ; après l’indépendance, un ministère est créé pour préserver les métiers menacés par les produits industriels.

Il existe aujourd’hui environ cent quatre-vingts coopératives au Maroc, regroupant près de dix mille adhérents. Ce sont à la fois des centres de formation et de production : les commandes y sont centralisées, exécutées à prix établi, avec label de garantie.

Coopérative ou échoppe ?

Les deux, mais pas pour la même chose.

La coopérative donne un prix affiché, une qualité classée, une garantie — c’est le bon choix pour un tapis, où la classification officielle protège l’acheteur.

L’échoppe donne autre chose : le geste, la conversation, et souvent un objet qu’on ne trouvera nulle part ailleurs. Si vous voulez comprendre ce que vous achetez, allez trouver l’artisan chez lui. Vous en rapporterez un objet, mais aussi le souvenir d’un vrai contact — ce que les habitués des souks savent chercher et mériter.

Où aller

  1. La rue des Consuls. L’axe principal, dans la médina. Étroite, bordée de boutiques, d’ateliers et d’échoppes, elle doit son nom aux représentants des puissances étrangères qui y résidaient jusqu’en 1912.
  2. Les passages perpendiculaires. C’est le vrai conseil. Ces ruelles minuscules s’ouvrent sur des places spécialisées — le cuir, la ferronnerie — de véritables marchés dans le marché. On y oublie le bruit et les voitures.
  3. Le souk es-Sebbat, pour la babouche et la maroquinerie.
  4. La kasbah des Oudayas, pour les ateliers de tissage installés dans les maisons.

Les métiers à connaître

  • Le tapis, la spécialité de la ville — quatre qualités officielles et une densité de nouage qui se compte
  • Le cuir et la babouche, travaillés dans les passages de la rue des Consuls
  • La ferronnerie et le laiton, dont sortent les lanternes et les plateaux
  • La broderie de Rabat, au point compté, distincte de celle de Fès
  • La poterie et le zellige, dont les rosaces à huit branches se retrouvent partout dans l’architecture de la ville

Acheter sans se tromper

Le marchandage est la règle, mais il n’est pas un combat : c’est une conversation. Prenez le temps, regardez plusieurs ateliers avant d’acheter, et demandez à voir l’envers de la pièce — un artisan en est fier, un revendeur beaucoup moins.

L'artisanat de Rabat dans le fonds — 1875–1940 Voir la galerie →