La médina de Rabat
Tracée au cordeau par les Andalous, on la traverse en vingt minutes
- Entrée
- Libre
- Durée
- 2 h
- Portes
- Bab el Had, Bab el Alou
- Rabatteurs
- Quasi inexistants
La médina de Rabat — Photo Stéphane Maroc · CC BY-SA 4.0
Pourquoi elle est différente
Qui a connu Fès ou Marrakech s’attend à un dédale. La médina de Rabat n’en est pas un.
Elle a été tracée d’un coup, au XVIIe siècle, par les musulmans chassés d’Andalousie qui s’installaient dans une ville presque vide. Ils avaient l’espace et le temps : ils ont donc dessiné une trame régulière, presque en damier, à l’intérieur d’une centaine d’hectares qu’ils ont clos d’une muraille — le mur des Andalous, qu’on longe encore aujourd’hui.
Conséquence pratique : on la traverse en vingt minutes, on retrouve toujours son chemin, et on ne s’y fait pas suivre. C’est la médina la plus tranquille du Maroc à visiter, et c’est ce qui en fait le meilleur endroit du pays pour une première approche.
Ses limites sont nettes : les murailles almohades à l’ouest, la kasbah des Oudayas au nord-ouest, le Bouregreg au nord, le mur des Andalous au sud. Au-delà commence la Ville Nouvelle de Lyautey — construite à côté et non à la place de l’ancienne, ce qui explique que le tissu ancien soit resté intact.
L’itinéraire, dans le bon sens
Entrez par Bab el Had, à l’ouest, et laissez-vous descendre vers le fleuve. C’est le sens de la pente, et celui de l’animation croissante.
- La rue Souika, l’artère principale. Épices, textile, alimentation — c’est la médina des Rabatis, pas celle des visiteurs.
- Le souk es-Sebbat, dans son prolongement : babouches, cuir, maroquinerie. Un couloir couvert, plus dense, où l’on ralentit.
- La rue des Consuls, qui monte vers la kasbah. Elle porte ce nom parce qu’elle abritait les représentants des puissances étrangères jusqu’en 1912. C’est le cœur de l’artisanat, et surtout le point de départ des passages perpendiculaires, ces ruelles minuscules qui débouchent sur de petites places spécialisées — cuir ici, ferronnerie là. C’est là que sont les vrais ateliers.
- Le Mellah, l’ancien quartier juif, à l’est. En cours de réhabilitation, encore très dégradé par endroits, mais son plan et ses façades racontent une autre histoire de la ville.
- La sortie sur le Bouregreg, face à Salé, pour finir au bord du fleuve.
Ce qu’il faut savoir avant d’y aller
La médina est un quartier habité, pas un décor : familles, écoles, épiceries. On y vit modestement pour l’essentiel. Cela impose une certaine retenue avec l’appareil photo, surtout dans les ruelles résidentielles.
Le marchandage est la règle dans les boutiques d’artisanat, jamais dans les commerces alimentaires.
Les ateliers ferment le vendredi à la mi-journée, pour la prière.
Le meilleur moment est la fin de matinée, quand les ateliers sont ouverts et l’affluence encore raisonnable. En fin d’après-midi, la lumière est plus belle mais l’artisanat commence à fermer.