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toutRabat La capitale, porte par porte

Les portes et les remparts

Trois enceintes, trois époques, et l'on marche encore le long des trois

Entrée
Gratuite
Durée
1 h à pied
Enceinte almohade
5 km, fin XIIe siècle
Statut
UNESCO 2012
Bab Rouah, porte almohade des remparts de Rabat

Les portes et les remparts — Photo Robert Prazeres · CC BY-SA 4.0

Pourquoi y aller

Rabat est une ville qu’on lit dans ses murs. Trois enceintes s’y superposent, bâties à six siècles d’intervalle, et toutes les trois sont encore debout.

L’enceinte almohade, fin du XIIe siècle

C’est la plus impressionnante. Deux longues murailles rectilignes se coupant à angle aigu, plus de cinq kilomètres au total, deux mètres d’épaisseur, huit mètres de haut en moyenne. Elles enferment près de quatre cent vingt hectares — bien plus que la ville d’alors : il s’agissait de mettre les quartiers bas à l’abri en cas d’attaque.

Le béton almohade, riche en chaux grasse, a admirablement tenu. La courtine est flanquée de tours carrées à intervalles réguliers et couronnée d’un chemin de ronde bordé d’un parapet dont les merlons sont coiffés de pyramidions.

Le rempart ouest était percé de quatre portes : Bab el Alou, Bab el Had, Bab er-Rouah, la quatrième étant aujourd’hui incluse dans l’enceinte du Palais royal. Le rempart sud n’en comptait qu’une, Bab Zaër.

Bab er-Rouah, la porte des Vents

Le chef-d’œuvre. Tout comme la porte de la kasbah des Oudayas, elle déploie un décor d’entrelacs autour d’une ouverture en arc outrepassé inscrite dans un encadrement rectangulaire. Comme à Bab Agnaou, à Marrakech, de grands arcs reprennent en l’élargissant le mouvement de l’arc lui-même, l’entourant d’une auréole sinueuse aux pointes aiguës, surmontée d’une large frise en écriture coufique.

Elle sert aujourd’hui de galerie d’exposition : on peut donc entrer, et voir l’intérieur d’une porte almohade — chose rare.

La muraille andalouse, XVIIe siècle

Au début du XVIIe siècle, les musulmans chassés d’Andalousie s’installent dans la kasbah et sur une centaine d’hectares à l’intérieur de l’enceinte almohade, bien trop vaste pour eux. Ils la referment sur leur propre périmètre.

Rectiligne, flanquée de tours barlongues, cette muraille court sur plus de mille quatre cents mètres, haute de cinq mètres, épaisse d’un mètre et demi. Elle relie la courtine du XIIe siècle à la falaise dominant le Bouregreg, au Borj Sidi Makhlouf. Trois portes la perçaient : Bab et-Then — abattue, elle se trouvait près de l’actuel marché municipal —, Bab el Bouiba et Bab Chella.

C’est cette muraille qui délimite aujourd’hui la médina.

Le rempart du XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, un nouveau rempart extérieur de quatre mille trois cents mètres prolonge au sud l’enceinte almohade et la double à l’ouest jusqu’à l’Atlantique.

L’itinéraire à pied

De Bab el Had à Bab er-Rouah le long du rempart almohade, puis retour par la médina en franchissant la muraille andalouse : une heure, entièrement à plat, et l’on traverse six siècles.

Les portes et les remparts dans le fonds — 1875–1940 Voir la galerie →