Le Chellah
Deux mille ans dans un jardin clos de sept hectares
- Entrée
- 70 MAD
- Durée
- 1 h 30
- Horaires
- 9 h – 17 h
- Superficie
- 7 hectares
- Statut
- UNESCO 2012
Le Chellah — Photo Andrzej Wójtowicz from Poznań, Poland · CC BY-SA 2.0
Pourquoi y aller
Rabat n’a pas de lieu plus calme. On franchit une porte de forteresse et l’on tombe dans un vallon de sept hectares où poussent des figuiers et des bananiers, où serpente la source d’Aïn Mdafa, et où le seul bruit est le claquement de bec des cigognes perchées sur le minaret.
Le site a été habité bien avant Rabat. Les Phéniciens et les Carthaginois ont probablement fréquenté cette embouchure du Bouregreg ; ce sont les Romains qui y laissent une vraie ville, Sala, que Ptolémée mentionne et que l’itinéraire d’Antonin appelle Sala Colonia. Les fouilles ont dégagé le decumanus maximus, un forum, une fontaine monumentale, un arc de triomphe. Le port antique, lui, est ensablé depuis longtemps.
Puis la ville est abandonnée pendant des siècles. Au XIVe, les Mérinides choisissent ces ruines pour y installer leur nécropole dynastique. L’inscription coufique au-dessus de la porte donne la date d’achèvement : 1339, sous le règne d’Abou al-Hassan Ali.
Ce qu’il faut voir
- La porte mérinide. Massive, guerrière, flanquée de deux bastions semi-octogonaux à encorbellements, couronnés de merlons pointus. C’est une porte de forteresse qui ouvre sur un jardin : le contraste est tout le charme du lieu.
- Le minaret aux cigognes, encore paré de zellige, et coiffé chaque année de nids qui débordent de la plateforme.
- Le mausolée d’Abou al-Hassan. Sa stèle finement décorée repose sous un auvent à muqarnas, ces alvéoles sculptées en nid d’abeille. Son fils Abou Inan affectera à l’entretien de la nécropole les revenus d’un bain de Rabat, le Hammam ej-Jdid.
- Les vestiges romains, en contrebas, dans la partie basse du site : ils débordent l’enceinte mérinide en direction du fleuve.
- Le bassin aux anguilles, alimenté par la source, autour duquel se sont greffées des dévotions populaires que les guides locaux racontent volontiers.
En pratique
L’entrée est à 70 MAD pour un adulte, 50 pour les moins de 25 ans, 30 pour les enfants de plus de 7 ans, gratuit en dessous. Les Marocains et les résidents au Maroc bénéficient de 50 % de réduction. Ouvert tous les jours, 9 h – 17 h.
Le site est à deux kilomètres du centre : un petit taxi suffit, ou vingt-cinq minutes de marche depuis la Tour Hassan.
Comptez une heure et demie. Y aller en fin de journée : la lumière descend dans le vallon et les cigognes rentrent.